ne vous méprenez pas !

"POUR ALLER NI VITE, NI LENTEMENT, MAIS DROIT…"

La France, une grande démocratie de façade


Au sujet de François-Xavier Bellamy et à propos de son article intitulé « La politique est devenue un théâtre d'ombres » Par Alexandre Devecchio Publié le 23/09/2016 à 19h31 FIGAROVOX/ENTRETIEN - Pour une quatrième saison, François-Xavier Bellamy présente les «Soirées de la Philo». Le philosophe explique l'appétence des Français pour «l'amour de la sagesse», apparue aux temps troublés de la démocratie athénienne. Très bon article à lire et à relire

Au sujet de François-Xavier Bellamy et à propos de son article intitulé « La politique est devenue un théâtre d’ombres » Par Alexandre Devecchio Publié le 23/09/2016 à 19h31 FIGAROVOX/ENTRETIEN – Pour une quatrième saison, François-Xavier Bellamy présente les «Soirées de la Philo». Le philosophe explique l’appétence des Français pour «l’amour de la sagesse», apparue aux temps troublés de la démocratie athénienne. Très bon article à lire et à relire

Pour le talentueux philosophe François-Xavier Bellamy interrogé par le non moins talentueux Alexandre Devecchio dans un article publié dans le Figaro Vox du 23/09 dernier, «la politique est devenue un théâtre d’ombres»( …) où «l’actualité consiste en une succession d’images» et «la vie politique française semble réduite à un jeu d’apparences, superficiel et inconsistant: sur tous les débats du moment, chaque position est interprétée comme un effet d’image plutôt que comme un effort de pensée», explique-t-il.

Si comme on peut le craindre en est-il bien ainsi, n’est-ce pas de ce que la France n’est plus une grande démocratie que de façade(1) qu’on doit à des décennies de comédie inhumaine orchestrée par une dite-élite qui prétendrait pouvoir mettre chacun à sa « juste place » si on s’en tient à deux évolutions particulièrement néfastes auxquelles a conduit son action au fil du temps?

En premier lieu vient peut-être la démonétisation de la parole et de l’action: on n’accorde de valeur à ce que dit ou fait une personne qu’à hauteur de la situation qu’elle occupe dans la société. Ce qui est dévalorisant et négatif à plus d’un titre puisque non seulement celui qui n’est pas reconnu pour ce qu’il dit ou fait dans tel domaine n’est pas écouté, n’a pas la parole ou la confiance mais celui qui a la reconnaissance n’en retire pas davantage de satisfaction ni personne tellement; lui non plus n’est pas écouté mais regardé. Pour s’en amuser, il pourrait dire n’importe quoi, qu’il serait applaudi de la même façon.

Ensuite vient la dépréciation de la personne humaine: l’homme n’est vu que réduit à la catégorie socioprofessionnelle à laquelle il appartient et qui fait qu’on est de plus en plus coupés les uns des autres; bien sûr, cette catégorisation a des avantages; surtout à court terme, dans un monde dominé par le primat de l’économie parce qu’on peut mettre chacun dans une case… mais les problèmes n’en sont que plus insolubles avec pour corollaire aggravant la tendance à se multiplier dans le temps…. Pire même que d’être réduit à sa catégorie socioprofessionnelle, il est réduit de plus en plus à la catégorie socioprofessionnelle et autre de ses parents quand ce n’est pas de ses grands-parents ou aux gens au milieu desquels il a vécu…

La conséquence non moins néfaste parmi d’autres dont il faudra ultérieurement rendre compte, c’est le niveau sociopolitique du problème qu’on a avec ces élites: on est – c’est quand même très symptomatique d’un énorme malaise – de moins en moins compris par ceux qui nous entendent et donc de moins en moins entendu par ceux qui seraient susceptibles de nous comprendre. Alors l’égalité des droits et tant d’autres données de la vie politique, économique et sociale ne sont plus que des vains mots, autant dire un mensonge puisque tout est conditionné de plus en plus par l’origine socioprofessionnelle et en un mot sociale qui est la nôtre.

Dans ce contexte, le parallèle que François-Xavier Bellamy fait entre la crise démocratique gravissime que nous connaissons actuellement avec celle que traversèrent les grecs au IVe s avant J-C est très judicieux à une nuance près. Car si eux avaient su tirer un bien d’un mal parce qu’ils ne souffraient pas d’un déficit d’écoute aussi considérable que nous et ont su faire émerger une nouvelle trempe d’hommes et de femmes grâce auxquels naquit la philosophie et que les solutions qu’elle leur apportèrent purent leur permettre de se sauver de leurs malheurs, dans l’état actuel de nos possibilités, tout juste en mesure de tirer un mal d’un bien, à leur place nous en aurions été incapable… De leur temps, des hommes pouvaient exercer un pouvoir tyrannique sur les populations, et elles, pouvaient les recadrer, qui plus est sans avoir plus que ne l’obligeait la situation à recourir à la violence…

-1 C’est le thème de l’un des livres sur lequel je travaille depuis quelques temps…

Auteur : Michel BAUDE

Un ami de ... "tout rare et antique savoir"... Comme tout ce que je dis et écris par ailleurs, je tiens à préciser que je n’affirme ici que ce que je pense et je crois. Qu’on ne se méprenne donc pas sur la nature de mon activité de blogueur. Elle consiste principalement à sensibiliser un lectorat aux petits détails dont les effets négatifs dans le temps sont à l'origine des grands problèmes humains parce que justement ils ont la propriété de nous échapper et de nous embarrasser à la longue - soit, parce qu'ils nécessitent des remises en cause gênantes; soit, parce qu'ils sont difficiles à mettre en évidence et à faire accepter. Si pour autant, cette activité m'oblige de m'exprimer sur un ton assuré, je tiens à préciser aussi que jamais je n'ai prétendu avoir la science infuse, et ce n’est pas ni demain ni un autre jour que je vais commencer. C’est à chacun après de réagir, ici même sur nevousméprenezpas s’il le veut, comme il l’entend, pourvu que son opinion reflète sa pensée véritable et qu’il accepte la controverse objective qui suppose une volonté de concordance de vue avec autrui

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