ne vous méprenez pas !

"POUR ALLER NI VITE, NI LENTEMENT, MAIS DROIT…"

Le vote par défaut et plus de 40 ans de fiasco politique et de démocratie bafouée


Le fait le plus marquant de la Ve République. Sait-on que par son imperturbable rémanence, et aussi par son caractère tant anodin en apparence que faramineux par l’énormité des problèmes en tous genres qu’on lui doit sans que personne ne s’en inquiète … le vote par défaut concernant notamment l’élection du Président de la République au suffrage universel, est peut-être le fait le plus marquant mais aussi le moins remarqué de la Ve République.

Entre ceux qui au plus léger rebond économique et autre nous remettent sur le tapis leur sempiternel « ça va mieux » et ceux qui pensent que tout problème finit par se régler de lui-même, qui s’en émeut tellement: personne. Si, David DESGOUILLES récemment – encore que très subrepticement et sans qu’on ne sache de quoi il parle précisément – et pour qui «En 2017, le risque le plus grave est de voir encore un président élu par défaut».

Les faits parlent d’eux-mêmes. Après De Gaulle et Pompidou, soit depuis 42 ans, il n’est pas de Président de la République qui n’ait pas été élu autrement que par défaut.

En 1974, Valérie Giscard d’Estaing a été élu Président parce que les français ne voulaient pas de François Mitterrand. En 1981, François Mitterrand a été élu parce qu’ils ne voulaient plus de Valérie Giscard d’Estaing; il fut réélu en 1988 parce que les français ne voulaient pas de Jacques Chirac. En 1995, Jacques Chirac fut élu Président parce que les français ne voulaient pas de Lionel Jospin. Il fut réélu en 2002 parce que les français ne voulaient pas de Jean Marie Le Pen. En 2007, Nicolas Sarkozy fut élu président parce que les français ne voulaient pas de Ségolène Royal. Et en 2012, François Hollande fut élu parce que les français ne voulaient plus de Nicolas Sarkozy.

Alors, la persistance du vote par défaut n’est-ce au fond qu’un sujet sans importance, très secondaire par rapport à toutes les difficultés et calamités à affronter qui s’amoncellent de mandature en mandature? Est-il le jeu normal de la démocratie?

Doit-on continuer de s’en accommoder, de vivre avec, considérant qu’il n’est qu’un épiphénomène de la vie politique, ou au contraire se pourrait-il que tous les phénomènes vus comme essentiels qu’ils soient économiques, sociaux, moraux ne soient que leur corollaire?

Plus grave, derrière ce fonctionnement boiteux du jeu électoral, y-aurait-il comme je le crains une volonté de contourner la Constitution s’agissant du mode d’élection du Président de la République au suffrage universel? Sinon, le vote par défaut ne serait-il qu’un mal nécessaire avec lequel on doit composer?

40 ans de fiasco politique et de démocratie bafouée, truquée, voilà ce qu’il en est de l’élection par défaut du Président de la République à quoi on le doit. Tout se tient comme les doigts de la main. Et il n’en est pas ainsi parce que le peuple n’aime pas les élites mais bien parce que ce sont les élites qui n’aiment pas le peuple.

C’est pourquoi elles n’ont de cesse à heure fixe de critiquer ce mode d’élection du Président de la République, en l’accusant tantôt d’être à l’origine des difficultés rencontrées par le gouvernement pour mener ses réformes, tantôt d’être à l’origine des dérives de la fonction présidentielle. Elles prirent toujours bien soin pour qu’aucun obstacle ne viennent barrer la route au vote par défaut.

Ce sujet n’a même jamais droit au chapitre et pour cause, c’est une carence de la Constitution. Celle-ci n’interdit pas le vote par défaut. C’est aux responsables politiques de s’emparer des outils mis à leur disposition pour que celle-ci joue à plein. Il est bien clair qu’elle ne peut avoir prévu tous les cas auxquels la vie politique peut être exposée.

Dans la mesure donc où ce qu’elle a défini n’est pas protégé malgré les moyens qu’elle donne pour y parvenir, il y a faute.

Mais quelle volonté attendre d’élites dont le seul moyen pour passer outre le principe qui veut que le Président de la République soit élu au suffrage universel est de fermer les yeux sur le vote par défaut qui permet de le contourner?

Rien n’était plus facile pourtant de remettre le suffrage universel sur ses rails et du même coup de permettre aux institutions de redonner au pays ses couleurs.

Comme je m’en ouvrais ici même il y a plusieurs mois, il suffisait d’instaurer un vote à bulletin motivé avec mention explicite par défaut et par adhésion   et le peuple restait le maître du jeu concernant l’élection du Président de la République tel que définie par la Constitution. Mais non. Nos élites ne l’ont pas voulu. Mais leur culpabilité n’en est que plus grande et le temps joue contre eux maintenant.

Oui! Ce vote à bulletin motivé est d’une importance capitale. Il ne nécessiterait que de préciser la nature du soutien qu’au apporte à celui pour qui on vote et automatiquement et selon le nombre de soutien par adhésion et par défaut qu’il obtiendrait, le vainqueur d’une élection Présidentielle verrait ses pouvoirs renforcés ou infirmés.

Ainsi, plus son pouvoir serait renforcé, plus sa majorité présidentielle serait renforcée; et plus son pouvoir serait infirmé, plus le pouvoir du Parlement serait renforcé.

Ce qui pousserait les fois suivantes les candidats à leur propre succession et les autres à renoncer aux calculs politiciens et à rechercher – sous peine de disparaître, de devoir retourner au rang des mauvais hommes d’Etat – le vote par adhésion des électeurs…

À  plus tard pour la suite concernant le chapitre des applications théoriques et pratiques liées à une telle mesure où une grande part devrait revenir aux citoyens.

 

 

Auteur : Michel BAUDE

Un ami de ... "tout rare et antique savoir"... Comme tout ce que je dis et écris par ailleurs, je tiens à préciser que je n’affirme ici que ce que je pense et je crois. Qu’on ne se méprenne donc pas sur la nature de mon activité de blogueur. Elle consiste principalement à sensibiliser un lectorat aux petits détails dont les effets négatifs dans le temps sont à l'origine des grands problèmes humains parce que justement ils ont la propriété de nous échapper et de nous embarrasser à la longue - soit, parce qu'ils nécessitent des remises en cause gênantes; soit, parce qu'ils sont difficiles à mettre en évidence et à faire accepter. Si pour autant, cette activité m'oblige de m'exprimer sur un ton assuré, je tiens à préciser aussi que jamais je n'ai prétendu avoir la science infuse, et ce n’est pas ni demain ni un autre jour que je vais commencer. C’est à chacun après de réagir, ici même sur nevousméprenezpas s’il le veut, comme il l’entend, pourvu que son opinion reflète sa pensée véritable et qu’il accepte la controverse objective qui suppose une volonté de concordance de vue avec autrui

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