ne vous méprenez pas !

"POUR ALLER NI VITE, NI LENTEMENT, MAIS DROIT…"

Au capitaine revient de gouverner et aux passagers de fixer la destination, ou alors c’est la galère.


Quand on veut être nombreux, c’est pour être soi-même fort parce que tout seul on est trop faible. Par exemple pour déplacer un arbre, que l’orage a mis en travers de notre chemin; et que par conséquent on va devoir être suffisamment nombreux si pour le dégager le seul moyen va être de se mettre à plusieurs; ce qui va à son tour impliquer de devoir vouloir être nombreux pour être fort.

C’est là le domaine élémentaire de l’entraide. C’est le b a ba de la vie en communauté qui consiste à chercher (élire) les personnes les plus à même (en terme de moyen et de manière qu’il va falloir déployer pour régler le problème dans les meilleures conditions: délai, praticité…). Il ne viendra à personne – quoique dans le monde compliqué dans lequel nous sommes de nos jours ce ne serait pas étonnant – d’aller chercher à cent lieues voire à mille l’aide dont on a besoin et qu’on a à deux pas. Comme dans « le 22 à Asnières », le sketch hilarant de Fernand Raynaud (1)…

Mais ce qui vaut pour l’entraide au quotidien ne vaut pour la politique. Car, si dans le domaine de l’entraide au quotidien le contact avec la communauté, le rapport avec elle ne concerne que des démarches spontanées qui font appel le plus souvent au bon sens qui portent à trouver les solutions les plus simples (la subsidiarité), donner les premiers secours. Ça va être la plupart du temps de trouver (d’élire) des personnes sur la base, le principe selon lesquels il faut être assez nombreux pour se tirer d’embarras sur la route un soir d’orage.

En politique, c’est très différent. C’est même radicalement différent. Enfin, si on veut sortir de la caricature navrante de la politique et du pouvoir à laquelle on assiste depuis des décennies. En politique, le domaine de l’entraide n’est plus que de vouloir ni de devoir être nombreux pour être fort mais, et aussi bien pour le capitaine du bateau que les passagers, mais de vouloir et devoir être fort pour être nombreux.

Parce que pour qu’une traversée en bateau se fasse dans de bonnes conditions, si c’est au capitaine que revient de gouverner le bateau c’est aux passagers de fixer la destination, ou bien c’est la galère.

Et si dans un pays démocratique, républicain on repart après chaque mandature dans une nouvelle galère pour  les cinq ans, c’est bien que l’union ne fait la force pour quelque chose de bien, de louable, de normal qu’en société mais qu’elle la fait pour quelque chose de mal, de méprisable, de condamnable en politique. Si bien que si Blaise Pascal a pu affirmer que ce qui est fort n’est pas juste et ce qui est juste n’est pas fort ce n’est que vrai à ceci près que ça n’obéit qu’à un phénomène qu’on a laissé se développer parce qu’on en ignore les mécanismes le plus souvent par négligence. Par négligence intellectuelle quand par lassitude devant la multiplication des difficultés, par commodité personnelle étant donné notre distance par rapport aux événements. Par négligence morale quand on n’est pas directement concerné ou pire quand on y a un avantage.

Pour toutes ces raisons, on a fini par croire après Blaise Pascal que si le juste et le fort étaient contradictoires, c’était une fatalité au lieu d’y voir surtout un phénomène lié à un processus involutif bien que très fortement installé mais n’étant qu’un processus d’origine humaine demeure réversible comme celui qui avait conduit au tabagisme, à alcoolisme où tout autre processus ayant conduit aux pires fléaux dont on vient à bout quand on se donne la peine de les étudier, de les expliquer, d’enclencher les mécanismes de mise en route des processus inverse…

À commencer par admettre qu’en politique il faudrait, il faudra instaurer sur ces principes un rapport de force d’égal à égal entre tous les membres de la communauté. C’est là qu’il va y avoir encore du travail…

  1. le sketch « le 22 à Asnières,  quand le téléphone était encore manuel et que ne pouvant obtenir de l’opératrice des téléphones le fameux « 22 à Asnières » parce que – d’être tombé semble-t-il sur une opératrice obnubilée pour les appels vers les grandes Capitales – il se voit dans l’obligation de faire qu’on le branche sur New York pour avoir enfin quelqu’un à qui demander qu’on lui passe son « 22 à Asnières » pour joindre – qui c’est qui? – peut-être, son beau-frère qui est à deux pas. Pour – qui c’est quoi? – peut-être, qu’il vienne le chercher à la gare…

Auteur : Michel BAUDE

Un ami de ... "tout rare et antique savoir"... Comme tout ce que je dis et écris par ailleurs, je tiens à préciser que je n’affirme ici que ce que je pense et je crois. Qu’on ne se méprenne donc pas sur la nature de mon activité de blogueur. Elle consiste principalement à sensibiliser un lectorat aux petits détails dont les effets négatifs dans le temps sont à l'origine des grands problèmes humains parce que justement ils ont la propriété de nous échapper et de nous embarrasser à la longue - soit, parce qu'ils nécessitent des remises en cause gênantes; soit, parce qu'ils sont difficiles à mettre en évidence et à faire accepter. Si pour autant, cette activité m'oblige de m'exprimer sur un ton assuré, je tiens à préciser aussi que jamais je n'ai prétendu avoir la science infuse, et ce n’est pas ni demain ni un autre jour que je vais commencer. C’est à chacun après de réagir, ici même sur nevousméprenezpas s’il le veut, comme il l’entend, pourvu que son opinion reflète sa pensée véritable et qu’il accepte la controverse objective qui suppose une volonté de concordance de vue avec autrui

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