ne vous méprenez pas !

"POUR ALLER NI VITE, NI LENTEMENT, MAIS DROIT…"


Poster un commentaire

Nous avons un défenseur des droits, mais nous n’avons pas de « défenseur des lois »

Voilà peut-être aussi ce qui fait le problème qu’on a avec cette réforme des retraites, qui a le défaut selon moi d’avoir -je pense pour plus longtemps qu’on veut bien le dire- mis vent debout: 1) attelé à cette réforme des retraites, un pouvoir qui se met à vouloir trop incarner la justice; et 2) ceux qui la réprouvent -comme c’est tout de même leur droit- à vouloir ne voir dans la justice surtout qu’un rempart pour ne lui opposer pour toute fin de non recevoir, qu’un refus.

Jules Simon* (1814-1896)nous avait prévenu, si « le Devoir est le seul et souverain maître des actions humaines… parce qu’il y a avec lui des accommodements… [tandis qu’il] n’y en a pas avec la Justice. Elle seule [argument-il avec beaucoup de justesse] est immuable, indépendante des opinions et des actions humaines… »

… Là Jules Simon n’épargne ni le gouvernement, ni ceux qui le soutiennent ni ceux qui le réprouvent… Quant à sa conclusion elle est terrible, sans appel et vaut pour tous, du plus grand au plus petit d’entre nous. « Parler de justice là où prime le Devoir c’est, -ajoute-t-il- « quitter la justice, qui est une intuition de l’absolu, pour suivre [les] appréciations vaines [qu’on en a], c’est livrer la morale à ses ennemis, c’est à dire à la passion et à la force ».

Il en est bien ainsi quand nous avons à faire d’un côté à un pouvoir dont le défaut précisément est de se vouloir « juste » (comment le pourrait-il et est-ce là ce qu’on peut attendre de lui?); et avec un peuple partagé entre ceux qui le soutiennent (30 à 36% de la population: c’est pour le moins très peu! et quelle crédibilité ont-il quand nombre d’entre eux appartiennent à des catégories sociales très favorisées pour qui repousser de 3 à 5 ans l’âge de départ à la retraite ne posent réellement aucune difficultés?) et, ceux qui trouvent cette réforme « injuste » (60 à 70% de la population, et là ça fait beaucoup, mais de l’un à l’autre que représentent-ils en proportion du peu de solutions et autre qui les rassemblent?).

Aussi, je le maintiens, nous n’avons pas -si ce n’est Jules Simon peut-être?- de défenseur(s) des lois, quelque chose qui aiderait à une sorte de co-traitance peuple élites pour ce qui est de retendre s’il y avait besoin des liens élus citoyens.

C’est peut-être ici ou là où trouver le préalable aux réformes que tout le monde appelle de ses vœux mais avec un manque de recul évident… *Jules Simon, Philosophe, homme politique, auteur entre autre de « Le Travail » et « Le Devoir »…